lundi 14 décembre 2009

NOEL AU COIN DU FEU...




Noël, qui était l'une des périodes les plus féeriques de notre vie, est devenu une angoisse sans vous.

Ce week-end, nous avons emmené Tessa et Maëlysse en Alsace pour qu'elles voient la magie de Noël dans cette région:

spectacle médiéval dans les rues de Ribeauvillé,

à Muttersholtz, l'arrivée du Père- Noël et de ses lutins en barque, la venue aussi du Père Fouettard et la balade en calèche jusqu'au centre du village où se tenait un marché de noël et où les enfants pouvaient faire différentes activités ( peinture sur bois, sur verre, lecture de contes...)et bien sûr pour Papou et Mamie boire l'inévitable vin chaud et pour Tessa et Maëlysse un jus de pomme chaud.

Sans cesse, je me disais: ils devraient être trois, y avoir notre petit bonhomme, ton petit loulou. Je me les représentais tous les trois (Ethan étant le chef bien sûr) à courir à droite, à gauche pour ne rien perdre du spectacle et narguer Papou et Mamie comme à leur habitude.

C'est pour cela que maintenant rien ne sera plus comme avant parce que quoi que l'on fasse, il y aura vos absences qui seront là, elles, bien présentes et le temps qui passe ne change rien, bien au contraire, vous nous manquez au quotidien. Tout comme cette photo, prise à Noël, où l'on vous voit avec Papou regardant le feu de cheminée restera au chaud dans nos coeurs.

Je voulais vous faire un petit clin d'oeil où vous êtes et je vous embrasse tous les trois.

mardi 13 octobre 2009

RESSEMBLANCE


Dans le bar à tapas, un jeune homme est entré et s'est assis avec des amis, pas très loin de moi.
J'ai été instantanément capté par lui, tant il avait "quelque chose" de commun avec toi.

Sa bouche évidemment, le même sourire, les même faussettes, le même dessin de ses lèvres lorsqu'il s'exprimait.
Et puis le reste, un peu moins flagrant : son implantation de cheveux qui était comme la tienne, avec une couleur plus foncée cependant. Dans le nez aussi, il y avait une similitude lointaine : moins long, mais une forme grecque indéniable.

Il ne te ressemblait ps vraiment ce jeune homme, et pourtant, comment ne pas penser à toi, comment ne pas être fascinée par cette bouche?

J'ai rigolé en pensant que définitivement il ne pouvait être toi vraiment, puisqu'il ne lançait pas en permanence de regards vers toute la salle pour repérer une proie à séduire, ou vérifier si le monde était sensible à sa présence...

Nous n'étions jamais allés aux piétons ensemble. Nous ne le ferons plus.
Que penser de ces injustices qui font la vie?

vendredi 21 août 2009

UN AN


Un an donc.
Retour à la case arrivée plutôt que départ, en quelques sortes.
Où aurions-nous pu être ailleurs aujourd'hui qu'à Madrid?
J'ai cherché votre présence toute la journée, sans vraiment vous trouver.

Pourtant l'olivier planté pour vous dans le jardin du terminal 2 est majestueux, et vos noms réunis pour toujours à son pied sur la plaque ;
Pourtant l'Ave Maria était beau ;
Pourtant la plaque à l'intérieur du T2 rappelle que vous partiez heureux en vacances aux Iles Canaries.

Un instant, j'ai pensé, en arrivant au bord du ruisseau que ce cours d'eau improbable sur le plateau aride de l'aéroport de Barajas était "digne" de vous accueillir : comme un morceau d'espoir dans un désert.
Nous sommes restés longtemps en cet endroit terrible, abasourdis : trop de chaleur et de soleil, d'émotion et de peines, de silence et de cris étouffés ou disparus. C'était tellement difficile d'imaginer l'horreur. A vrai dire, je n'ai pas réussi. Ou je n'ai pas eu envie d'essayer même de le faire vraiment.

Et je vous ai cherché en vain dans le ciel, dans le ruisseau, et quelques papillons blancs m'ont dit que je ne vous trouverai pas ici.
Sur la stèle dressée à votre mémoire est écrit en grosses lettres "en otro lugar... siempre en nuestros corazones" Je préfère vous savoir loin de cet endroit, plus près de nous, au chaud dans nos coeurs.

A tous ceux qui se sont manifestés à Patrick, Claudette ou moi directement ces derniers jours, à tous ceux qui ne l'ont pas fait et qui ont pourtant pensé si fort à eux aujourd'hui, à Olivier et Béné qui nous ont accompagnés, j'adresse un merci du fond du coeur.

J'espère que vous les avez trouvés un peu en cette difficile journée.

mardi 11 août 2009

11 aout

C est ton anniversaire aujourdh ui ...
Cette annee tout est different.... je n ai pas cherche le enieme cadeau original le cadeau qui te ferait plaisir .
Les filles n auront pas fait de dessins pour toutoute
Aujourd hui je ne t appelerai pas je ne te ferai pas de bisous et tout ca me manque
Cela represente aussi pour moi la derniere fois ou je t ai eu de vive voix et maintenant j ai l impression de ne plus savoir a quoi elle ressemble.
Je voudrai tant pouvoir te le dire encore et encore
Tu me manques tant...
Je t aime

samedi 11 juillet 2009

LE RETOUR DES C3

http://www.youtube.com/watch?v=0ltAGuuru7Q

La transhumance est achevée, on dirait. Toutes les C3 grises d’Ile de France sont revenues en Seine et Marne pour l’été ! C’est une invasion, elles sont partout, à tous les coins de rues de Lognes à ici, tous les carrefours alentour, sur tous les parkings pontellois-combalusien.

Comment ne pas penser à toi dans ces circonstances ?

J’ai retrouvé, comme par magie, le fameux CD que j’ai tant cherché, de façon obsessionnelle et convulsive, après l’accident. Celui que je voulais mettre à l’enterrement, celui sur lequel tu m’avais fait faire de la relaxation après l’incroyable exploit de m’emmener dans une salle de fitness ! (Ethan portait les poids pour moi, t’en souviens-tu ?)

J’écoute ce cd en boucle dans la voiture, c’est un cd de musique calme. Et je te revois déambuler avec élégance, pointes de pieds tendues, parmi les corps courbatus allongés côte à côte. Par extension, je me rappelle tes sourires charmeurs à toutes ces greluches venues bouger leurs corps, tes moqueries motivantes pour chacune.

Tant de morceaux me parlent de toi sur ce cd, de Jeff Buckley à Israel kamakawiwo, en passant par Alanis Morissette ou toujours ta Christina Aguilera ! Enfin, ils parlent de moi, la musique est étonnante. Et donc, je croise des C3 grises, alors autant apprécier le clin d’œil.

Je vous sens près de moi tellement fort, Ethan et toi, et vous êtes si loin.
Les signes se multiplient en ce début d’été, vous vous rappelez à moi par tant de moyens : il y a tous ces cris d’enfants dans les piscines des jardins, tes débardeurs achetés en Espagne ensemble, que j’ai récupéré chez Claudette et que j’enfile religieusement en me marrant ; et puis toutes ces robes que nous avons achetées là-bas, chaque été, ou encore l’odeur de ta lessive qui reste plus longtemps dans la maison.

L’été sera difficile, à n’en point douter. Pourtant, penser à vous ainsi, c’est si doux aussi…
J’irai, bien sur, avec Patrick et Claudette à la cérémonie organisée à Madrid en votre souvenir.
De toutes façons, que ferons-nous, tous, le 20 aout, à part être avec vous plus fort encore que d’habitude ? A part sentir votre absence nous déchirer les entrailles et le cerveau, occuper tout notre espace intérieur ?

Alors, toi qui est maintenant au dessus des arcs-en-ciel avec les oiseaux bleus, embrasse mon prince pour moi, et dis-lui que je vous entends souvent, que je pense à vous toujours, que vous me manquez. Et que je vous aime, encore plus loin que jusqu’au ciel.

mardi 30 juin 2009

LETTRE POSTHUME

http://www.youtube.com/watch?v=CJu032508GY

Je crois que tu savais, mon ami, la place que tu occupais dans mon cœur.
Tu étais, tu es toujours mon âme sœur.

Toi et moi étions trop pudiques pour nous répandre sur le bien et le respect mutuel que nous nous portions réciproquement.

Mais voilà bientôt un an que tu m’as abandonnée, et j’éprouve le besoin de t’adresser cette lettre posthume.

Parce que de ton vivant, je n’ai eu que deux fois l’occasion de te dire le bien que je pensais de toi : un texto sincère pour ton anniversaire, et, comme tu l'as dit, moins de lignes que madame souris verte dans mon livre. La fin de ton petit texto- commentaire était celle-ci : « merci pour ces compliments écrits et toujours tus. »

Alors voilà, deux fois, presque bâclées, ce n’est plus assez aujourd’hui.

« Pierrot, mon pote, mon frangin mon poto, mon copain tu m’ tiens chaud… »
Comme tu me manques mon ami… Ton soutien me manque, tes moqueries, ta sensibilité, ton élégance.

Toi qui étais le roi des projets, et moi qui aimais t’écouter les raconter. Je pense qu’aujourd’hui, nous aurions pu avoir un petit frère ou une petite sœur pour Ethan. Nous aurions dû… Tu devais emménager à côté de la maison, et notre complicité aurait continué de croître.

Ce que j’ai le plus aimé dans notre relation, c’est son authenticité. Je crois que c’est le privilège des personnes qui ne s’aiment pas, je veux dire « s’aimer d’amour » : nous n’avons jamais été aveuglés l’un par l’autre. Nous nous sommes toujours vu tels que nous étions, avec nos qualités et nos défauts. Tellement identiques. Tu me renvoyais mon image, et j’avais une tendresse infinie pour toi derrière le respect du père que tu étais pour notre enfant.

Tu avais légué ton élégance et ta classe à notre fils.
Ce que j’aimais cette grâce chez Ethan ! C’était génial de voir transparaître chez lui tout ce qui venait de toi : quelques expressions du genre « ouh mais t’es pénible toi aujourd’hui ! », lâchée à contre emploi, son humeur le matin, son air un peu hautain parfois et quelques mimiques qu’aucun mot ne saurait retranscrire.
Mon prochain enfant n’aura pas cela.
Il ne te connaîtra pas, pas non plus Ethan.

Car tu es parti avec notre petit garçon, mon prince, ta crotte de nez.
Maudit destin.

Je n’ai jamais pu être fâchée vraiment contre toi, car je m’apercevais aussitôt que ce n’était que contre mes propres défauts que je m’emportais.
Tes tourments étaient de même nature que les miens, tes quêtes d’absolu aussi. Je crois que nous étions tous deux à la recherche du même Amour, que nos blessures étaient semblables.

Comme tu m’as été essentiel lorsque Carine et moi nous sommes séparées… J’avais ton oreille bienveillante à ma disposition, et pardon de t’avoir bassiné avec toutes ces futilités. Nos discussions de plage à Alicante ont tourné tellement de fois autour de nos amours déçus… Car les années suivantes, c’était tes préoccupations qui étaient au centre.

Je ne regrette rien mon ami.
Rien du choix étonnant de faire un enfant avec un « inconnu », rien de la manière dont nous avons mené à bien notre merveilleux projet, rien de notre relation.

Je t’en veux parfois, souvent, de m’avoir abandonnée. Je n’arrive pas à remplacer notre complicité, et je me sens si orpheline de toi, au-delà de mes ami(e)s. Le vide est aussi grand que le ciel qui n’a pas voulu du vol JK5022.

J’essaie de penser à Ethan et toi vivants « autrement », ailleurs. Après le crash de l’AF447, je rigolais en t’imaginant dans cet ailleurs, à commenter le physique des « nouveaux arrivants » : celui-ci trop court sur patte, celui-là trop poilu, esbaudi devant les yeux de celui-là ou les fesses de celui-ci. Tu dois continuer à rayonner là-haut. Est-ce que les gens de « la race supérieure » comme tu nous qualifiais se retrouvent à un endroit particulier, tous ensemble ? Je te le souhaite, je le souhaite à moi-même, puisque dans ta classification j’en étais, et vous retrouverais alors un jour.

J’espère que tu m’attends, que tu veilles sur mon prince comme tu l’as toujours fait. De toute ta sensibilité, toi l’homme qui faisait le dur et taquinait l’arrogance pour mieux te protéger.
Et j’espère que là où tu te trouves maintenant, tu grandis encore, tu es libéré de ces tracas qui te tourmentaient, que tu as l’amour que tu mérites. Que tu as fini de te cacher. Que tu sais combien je t’aimais, mon ami.
Et que tu penses à jeter un œil de temps en temps sur ce que nous devenons tous, sans toi.

lundi 1 juin 2009

PLAGE


Avec les beaux jours reviennent les souvenirs d'été.

Je suis retournée à la plage la semaine dernière. La Méditerranée était remplie de vous. Je ne m'attendais pas à cela, parce que j'avais pris l'habitude de vivre avec vos absences à tous les deux.

Dans mes routines parisiennes, j'ai remplacé vos souvenirs par d'autres moments. Toutes ces choses que je faisais avec Ethan et toi, j'ai eu si mal à les faire la première fois seule, avec ou sans d'autres...
Comme ces lieux qui étaient les nôtres d'une certaine manière, il a fallu les reconquérir, abandonnée. Si bien que je suis désormais peu surprise sur Paris.

Mais là... Il y avait ces enfants qui jouaient sur la plage, les structures gonflables pour eux, les glaces à boire... Et personne à côté de moi pour commenter les activités et comportements des plagistes ou leur physique.

Oh mon âme soeur, comme tes moqueries m'ont manquée la semaine dernière! J'essayais de me rappeler, ou d'imaginer ce que tu aurais dit des uns et des autres -et rien ne venait, seulement une place trop grande et trop vide à côté de ma serviette.

Le soleil caressait ma peau, et à l'intérieur, mon coeur est resté triste et cuisant.

Mais la vérité, c'est qu'une part de moi était heureuse de votre présence à mes côtés, dusse-t-elle relever de l'absence. J'aime vous savoir en moi et avec moi pour le reste de ma vie.

dimanche 3 mai 2009

Pierro et l 'aéro


Les championnats de France d'aérobic approchent....
Les souvenirs affluent . Que d'anecdotes! Que de souvenirs!
Des heures sur les bancs de France et de Navarre, j'en ai passé
Toujours le même rituel, attendre le passage ( qui dure environ 1mn 30) observer attentive les moindres gestes (oui je connaissais les chorés par coeur) encourager, attendre le kiss and cry et la note puis le debriefing .
Le souvenir le plus marquanr à mes yeux fut la médaille de bronze aux Championnats d'Europe à Saragosse en 2001.
J'avais fait le déplacement (ah l'amitié...) .Quelle émotion de les voir monter sur la 2ème marche du podium , j'etais si fière de lui, d'eux j'en ai pleuré...
Je pourrai raconter des pages et des pages d'anecdotes sur les compets et surtout sur les soirées d'après compets, sur toutes les fois où j'ai eté forcée (oui j'ai bien dit forcée) d'écouter encore et encore les montages qu'il faisait pour l'aéro.
Ces moments de bonheur, d'émotion (enfin parfois c'était à la limite de la torture) sont à jamais dans mon coeur .

Ta plus fervente supportrice


souvenir d'un championnat en Lituanie en 2002 http://www.youtube.com/watch?v=6FAeWT5VXR4

mardi 28 avril 2009

Hommage à Pierrick

Bonjour à tous,

"Afin de rendre hommage à Pierrick Charilas, ancien membre de l'équipe de France de Gymnastique Aérobic de 2000 à 2004- champion de France de 2001 0 2003, médaillés aux championnats d'Europe 2001 et 2003, vice champion du monde à la finale de la coupe du monde en 2003- en catégorie groupe de 6) disparu dans le tragique accident d'avion de Madrid en Aout dernier, un livre d'or sera à votre disposition au stand de la FFG à l'occasion des Championnats de France les 8/9/10 mai prochain, afin d'y accueillir vos témoignages et pour tous ceux qui le souhaitent, possibilité de porter un ruban blanc sur l'ensemble du week-end, symbole de notre amitié et de notre sympathie à son égard".

toute l'équipe de Gymnastique Aérobic...

samedi 18 avril 2009

PIERRO QUI DANSE, PIERRO QUI RIT

Je vous propose de lire ce post en écoutant "hips don't lie" de Shakira. Vous pouvez par exemple copier l'adresse suivante, et la coller dans une nouvelle fenetre ; vous comprendrez plus loin, en lisant.
http://www.youtube.com/watch?v=ygctbqBijFk

Voilà, je reviens de vacances. Les précédentes, je les avais passées avec Pierrick et Ethan, à Alicante, juste une semaine avant... enfin, vous savez.

Et là, j'arrive à Belize, je me pose à un café, et voilà que j'entends le cd de Shakira qui passe, avec particulièrement "Hips don't lie".
Pour moi, c'était un peu la chanson de Pierro. Bien sur, il y en avait beaucoup d'autres. Mais franchement, je revois Pierro se trémousser sur cette chanson, enfin, je veux dire danser comme un dieu sur cette chanson.
Je le revois bouger tout son corps, et ses épaules, et tourner, tourner comme un soleil... "Oh boy, I can see your body moving..."

Bien sur j'ai pensé à lui, comme un clin d'oeil.

Et puis, le lendemain, ironie du sort, j'ai pris un coup de soleil monumental sur le ventre. Cela faisait au moins 10 ans que je n'en avait pas pris, je vous assure.

Et même, à chacune de nos vacances, qu'est-ce que je pouvais lui prendre la tête à Pierrick : une vraie maman... (pardon Claudette, mais sur ce point-là, tu avais échoué!)
Vous le connaissiez, vous saviez qu'il voulait toujours revenir bronzé. Alors il allait brûler au soleil aux heures les pires. Mais, à force de persévérence, j'avais réussi mon coup : il mettait de la crème tout le temps, et les 2 dernières années, plus de coup de soleil!

Alors bien sur, avec mon coup de soleil sur le ventre, je me suis marrée en l'imaginant là où il est me sermoner et tenir sa vengence.
Oui Pierro, je t'ai entendu te moquer de moi, et j'ai ri de bon coeur, au-delà de ma douleur, parce que tu avais bien raison!

Alors pour finir ce post, un dernier clin d'oeil, spécialement pour toi qui aimait tant Shakira et le tango! Bises à tous.

http://www.youtube.com/watch?v=fjTKGMdNWd0&feature=related

vendredi 20 mars 2009

TRANSHUMANCE MODERNE


Le soir, quand le soleil est couché depuis longtemps, j'ai remarqué un drôle de phénomène : sur l'A4, direction Paris -Province, il y a toujours une C3 grise qui s'en va.

Chaque nuit, quand je rentre chez moi, il y a toujours une C3 grise qui file. Je l'imagine aller à Lognes, sortir au Leroy Merlin et se diriger jusqu'à la rue de la tour d'Auvergne.

Cette exode des C3 vers l'est parisien a toujours entraîner des sentiments contradictoires en moi. Espoir (c'est peut-être eux encore?), nostalgie (non, bien sur que non...), colère (p... pourquoi ce n'est pas eux, dégage, voiture de m...), tristesse (ils me manquent), amusement (t'es vraiment dingue ma pauv' fille!)

J'aimerai écrire que c'est l'amusement qui a pris le dessus, et bien sur, je ne peux pas. Parce que la vérité, c'est que selon les humeurs (et le degré d'alcool je l'avoue), je ne contrôle absolument rien de ses sentiments. Ils me submergent entièrement.

Et aussi, je crois que cette transhumance m'est devenue familière, qu'elle fait partie du chemin pour rentrer chez moi...

lundi 9 mars 2009

DROLES DE PHENOMENES



"Cet après-midi, alors que je faisais des courses à Go Sport un petit garçon a essayé de me faire du charme avec son ballon...sa mère l'a grondé "Pierrick arrête d'embêter la dame...". Je lui ai dit: "c'est rien, laissez" et le petit garçon m'a lancé son ballon. Vous le croirez ou non...c'était un petit blond aux yeus bleus...j'ai le coeur qui s'est soulevé...": racontait Aurélie dans un commentaire du blog.


Je commence par cette histoire pour vous expliquer que, parfois, des évènements se passent, sans pour cela croire en quelque chose et que, parfois des signes apparaissent et l'on se demande pourquoi?


Le jour de l'accident, sur le téléphone portable de ma nièce, la fonction "activer mode avion" s'est mise en route. Pourquoi ce jour?


Le vendredi 20 février, le jour des 6 mois des décès de Pierrick, Ethan et Domé, une photo de Pierrick est apparue sur mon appareil numérique, une photo que je n'avais jamais vue auparavant, qui datait de juillet 2005 et que, suite à une manipulation, me l'a faite apparaître sur la mémoire de l'appareil. Pourquoi ce jour et pas avant?


Cette photo où il sourit, m'a laissé un espoir un moment de les croire vivants mais la réalité est vite revenue. C'est peut-être un signe que, là où ils se trouvent, ils sont heureux........


Claudette.

samedi 21 février 2009

SIX MOIS

Salut mon pote.


6 mois que tu nous a laissé. Te rends-tu compte, 6 mois... C'est pourtant encore à peine réel.


6 mois... Je ne sais pas ce que vous faites là où vous êtes.


Ici le temps s'est arrêté.


Je pense à ce que nous aurions pu faire ensemble durant ces 6 mois. A ce que nous devions faire, bien sur.


Mais voilà, rien n'est fait, l'horloge est cassée, et j'essaie de vous imaginer, Ethan et toi, dans un ailleurs peut-être meilleur (mais sans moi, est-ce possible?)


Où que vous soyiez, quoi que vous fassiez, il n'en reste pas moins que vous manquez, que nous nous sommes restés plein de vos absences, et que ça fait mal.


Tous les jours.


Je crois que nous sommes nombreux à imaginer que vous nous regardez, et que cela nous met un peu de beaume au coeur parfois.


Putain d'avion.

mardi 3 février 2009

UN LIVRE SUR TOI


J'ai passé de longues heures dans les photos le mois dernier. J'avais décidé de monter un livre d'images -plusieurs en réalité- de Pierrick et Ethan pour Claudette et Patrick.

Ces heures passées dans les souvenirs ont été aussi douloureuses qu'agréables. J'oscillais entre le bonheur d'alors et le manque actuel.

J'ai navigué dans les quatre dernières années, jouant avec le temps. Je passais d'une année à l'autre en un clin d'oeil, m'attardant tantôt sur les vacances, les Nöel ou la maternité.

Comme nous étions beaux, et insouciants.

Je vous le concède, au-delà de quelques moments douloureux à feuilleter ce passé simple, j'ai adoré refaire le fil de notre courte vie de famille.

Bien sur, pour Pierrick, il y a eu des hauts et des bas. Pour moi aussi, nous étions adultes. Mais en ce qui concerne Ethan, je n'ai pas le souvenir d'un seul bas. Et cela m'a fait chaud au coeur.

Le livre est à présent finalisé, et entre les bonnes mains de Claudette et Patrick.

Je souhaite qu'au-delà des larmes nécessaires qu'il suscite au premier abord, il permette à ceux qui le feuilleteront de se souvenir des merveilleux moments qu'il retrace en toute bonne humeur, car Pierrick et Ethan étaient avant tout cela.

Grâce aux photos que certains d'entre vous m'avaient fait passer après l'accident, je disposais même d'images de la vie sportive et artistique de Pierro. Le voilà passé à la postérité, dépassant définitivement madame souris verte de quelques bonnes longueurs.

Et je me marre avec Pierrick, parce que je sais qu'il aurait adoré l'idée d'avoir un livre sur lui!

dimanche 4 janvier 2009

PLUS PERSONNE AU TELEPHONE

Pour la nouvelle année, je suis retournée du côté de Bordeaux.

Dès le départ de mon périple, c'était étrange, c'était plein de leurs absences.
Fin juillet, c'est Pierrick qui nous avait amené Ethan et moi prendre le TGV Atlantique.

Cette fois ci, j'étais seule; personne sur le quai pour me regarder m'en aller vers la vie. Personne à côté dans ce TGV qui filait imperturbablement.

Et puis là bas, au Cap Ferré, la maison était pleine des copains de jeu d'Ethan. Plein de leurs rires, et vide d'une tête blonde aux grands yeux bleus rieurs.

Alors bien sur, entourée de mes amis, l'année s'est terminée, bon an, mal an.

Et puis le 1er, j'avais tellement envie de parler avec Pierrick. Je voulais lui téléphoner, et qu'il me raconte sa nuit de fête. Ou autre chose. Qu'on rigole de nos bêtises, et juste après qu'on se devine heureux ou soucieux.

Bon sang qu'il m'a manqué, mon confident.
Pour la première fois avec autant de force. Parce que c'est vrai que jusque là, c'est essentiellement Ethan qui a pris toute la place, qui a fait tout le vide.

Mais là bas, le premier, puis le 2, j'aurai donné bien des choses pour un coup de téléphone vers l'au-delà.

Dificile début d'année...