
Un an donc.
Retour à la case arrivée plutôt que départ, en quelques sortes.
Où aurions-nous pu être ailleurs aujourd'hui qu'à Madrid?
J'ai cherché votre présence toute la journée, sans vraiment vous trouver.
Pourtant l'olivier planté pour vous dans le jardin du terminal 2 est majestueux, et vos noms réunis pour toujours à son pied sur la plaque ;
Pourtant l'Ave Maria était beau ;
Pourtant la plaque à l'intérieur du T2 rappelle que vous partiez heureux en vacances aux Iles Canaries.
Un instant, j'ai pensé, en arrivant au bord du ruisseau que ce cours d'eau improbable sur le plateau aride de l'aéroport de Barajas était "digne" de vous accueillir : comme un morceau d'espoir dans un désert.
Nous sommes restés longtemps en cet endroit terrible, abasourdis : trop de chaleur et de soleil, d'émotion et de peines, de silence et de cris étouffés ou disparus. C'était tellement difficile d'imaginer l'horreur. A vrai dire, je n'ai pas réussi. Ou je n'ai pas eu envie d'essayer même de le faire vraiment.
Et je vous ai cherché en vain dans le ciel, dans le ruisseau, et quelques papillons blancs m'ont dit que je ne vous trouverai pas ici.Sur la stèle dressée à votre mémoire est écrit en grosses lettres "en otro lugar... siempre en nuestros corazones" Je préfère vous savoir loin de cet endroit, plus près de nous, au chaud dans nos coeurs.
A tous ceux qui se sont manifestés à Patrick, Claudette ou moi directement ces derniers jours, à tous ceux qui ne l'ont pas fait et qui ont pourtant pensé si fort à eux aujourd'hui, à Olivier et Béné qui nous ont accompagnés, j'adresse un merci du fond du coeur.
J'espère que vous les avez trouvés un peu en cette difficile journée.