La transhumance est achevée, on dirait. Toutes les C3 grises d’Ile de France sont revenues en Seine et Marne pour l’été ! C’est une invasion, elles sont partout, à tous les coins de rues de Lognes à ici, tous les carrefours alentour, sur tous les parkings pontellois-combalusien.
Comment ne pas penser à toi dans ces circonstances ?
J’ai retrouvé, comme par magie, le fameux CD que j’ai tant cherché, de façon obsessionnelle et convulsive, après l’accident. Celui que je voulais mettre à l’enterrement, celui sur lequel tu m’avais fait faire de la relaxation après l’incroyable exploit de m’emmener dans une salle de fitness ! (Ethan portait les poids pour moi, t’en souviens-tu ?)
J’écoute ce cd en boucle dans la voiture, c’est un cd de musique calme. Et je te revois déambuler avec élégance, pointes de pieds tendues, parmi les corps courbatus allongés côte à côte. Par extension, je me rappelle tes sourires charmeurs à toutes ces greluches venues bouger leurs corps, tes moqueries motivantes pour chacune.
Tant de morceaux me parlent de toi sur ce cd, de Jeff Buckley à Israel kamakawiwo, en passant par Alanis Morissette ou toujours ta Christina Aguilera ! Enfin, ils parlent de moi, la musique est étonnante. Et donc, je croise des C3 grises, alors autant apprécier le clin d’œil.
Je vous sens près de moi tellement fort, Ethan et toi, et vous êtes si loin.Les signes se multiplient en ce début d’été, vous vous rappelez à moi par tant de moyens : il y a tous ces cris d’enfants dans les piscines des jardins, tes débardeurs achetés en Espagne ensemble, que j’ai récupéré chez Claudette et que j’enfile religieusement en me marrant ; et puis toutes ces robes que nous avons achetées là-bas, chaque été, ou encore l’odeur de ta lessive qui reste plus longtemps dans la maison.
L’été sera difficile, à n’en point douter. Pourtant, penser à vous ainsi, c’est si doux aussi…
J’irai, bien sur, avec Patrick et Claudette à la cérémonie organisée à Madrid en votre souvenir.
De toutes façons, que ferons-nous, tous, le 20 aout, à part être avec vous plus fort encore que d’habitude ? A part sentir votre absence nous déchirer les entrailles et le cerveau, occuper tout notre espace intérieur ?
Alors, toi qui est maintenant au dessus des arcs-en-ciel avec les oiseaux bleus, embrasse mon prince pour moi, et dis-lui que je vous entends souvent, que je pense à vous toujours, que vous me manquez. Et que je vous aime, encore plus loin que jusqu’au ciel.